RY X, dans la beauté de l’instant

 

Ry X a dû être chaman dans une autre vie. Il n’a pas trente ans et nous parle avec l’innocence de l’enfance et la profondeur d’une sagesse ancienne. Sa musique est un juste reflet de sa personnalité. Mélancolique, organique, énergétique, elle nous met en état d’hypnose. Le jeune homme, depuis son Australie natale jusqu’à sa Californie adoptive, a tracé une puissante courbe gravitationnelle qui rallie les clubbers et autres rêveurs extatiques.

Interview et photos : Mélanie Holé

 

C’est un bonheur de te rencontrer Ry. Je t’ai connu avec la chanson « Howling » puis avec tes premières collaborations, The Acid et Howling. Et enfin avec ton premier album solo. J’adore tout. Comment définis-tu ces trois projets ?
C’est super, merci ! En fait, j’aime travailler avec des gens en qui j’ai confiance et que je respecte. Avec Frank Wiedemann (Howling), on est très proches, on adore jouer de la musique ensemble. On n’a pas essayé de définir quoi que ce soit, mais évidemment puisqu’il vient de la techno house et que j’adore ça je pense qu’on a dû entrer en interaction. On a aussi tissé de fortes connections dans le milieu, spécialement à Berlin.
Pour The Acid c’est une autre réflexion. Avec Adam et Steve, on explore la musique de différentes manières, on mixe des idées expérimentales et très minimalistes. C’est comme ça qu’on fonctionne depuis le début.
Ry X est mon projet le plus dépouillé, le plus personnel, et j’ai besoin de ça. Ca n’essaye pas d’être cool, branché, house, électro, folk, ça ne s’inscrit dans aucune mouvance. C’est comme Björk qui alterne des chansons dans différents styles… eh bien ça reste du Björk. A mon sens, je ne fais qu’explorer les facettes de ce que je suis dans divers projets. J’aime l’électro, j’aime ce qui est épuré avec des cordes et du piano, et aussi l’expérimental. Ce qui est sûr c’est que tout cela c’est moi ! Finalement je suis impliqué au premier plan de tous ces projets, du processus de création à la production, c’est le rôle que j’ai maintenant mais peut-être pas pour toujours.

 

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Comment aimes-tu travailler… écris-tu tes textes en préalable à la musique ?
J’ai besoin d’être inspiré par quelque chose que j’entends ; si j’étais un artiste visuel je crois que je commencerais par les formes et les émotions.
J’attends ça dans la musique.
Je passe mon temps à composer, que ce soit sur un synthé, une boîte à rythme, un ordinateur, une guitare, un piano ; de l’ensemble va sortir quelque chose de fort, je vais m’y pencher, le dépouiller et tenter d’en capter l’essence, ensuite je le retranscris de manière à ce que les gens puissent s’identifier.
Les mots mettent du temps à venir, je laisse faire le subconscient.
En général je joue de la guitare, je chante et puis j’ai une pensée et je sens que c’est honnête ; l’effet du subconscient ou je ne sais quoi car je ne m’étais pas forcément dit que j’allais écrire sur cette fille, cet amour, sur la méditation, etc. Tu laisses juste les paroles venir, c’est comme une pure expression. Et j’essaie de toujours faire en sorte que les mots soient forts, je préfère la poésie à la prose car la poésie peut dire tellement plus ! Et dans une chanson tu as un temps limité pour partager.

Justement, peux-tu m’éclairer sur le sens de cette splendide chanson « Howling » ?
Ça parle d’une belle et douloureuse histoire d’amour que j’ai eu avec une fille. Elle devait partir en désintox et elle a fui, tout quitté sans rien dire, roulant au nord de la Californie, ne sachant pas pourquoi ni où aller. Je chassais une grande vague au nord, j’étais en chemin vers la côte quand je l’ai croisée, je l’ai prise avec moi et je l’ai ramenée. On s’est posés dans la voiture, c’était un beau moment, le lendemain sa famille est venue la récupérer pour la conduire en cure.
Notre relation s’était transformée en quelque chose d’intense et puissant mais, en même temps, c’était impossible. Tu aimes cette passion et cette énergie mais tu sais intuitivement quelque part au fond de toi que tu ne pourras jamais être avec cette personne.
L’instant peut être plus puissant que tout, si intense, si vrai, et avoir plus de valeur que des années.

C’est d’une beauté tragique… serais-tu mélancolique ?
Oui oui faut croire (rire). La beauté du mot « mélancolie » provient des deux extrêmes de sa définition. Tu ressens de la mélancolie, tu es triste, mais dans cette tristesse il y a de la beauté et de l’espoir car tu sais que le bonheur va surgir, c’est comme le soleil qui arrive soudainement après la pluie.
En fait j’aime l’idée de regarder le monde avec poésie. L’existence est sublime, extatique, elle n’est pas tragique ; disons que ce n’est pas tragique si tu acceptes la tragédie car dans ce cas ça devient de l’acceptation. Dans les larmes qui sont en couverture de l’album ou dans ma musique, certaines personnes ne voient que de la tristesse, alors que c’est juste du soulagement, du lâcher-prise.

 

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Vois-tu la musique comme une thérapie ?
Oh oui ! Tout art est une thérapie. Les gens produisent parce qu’ils ont besoin de s’exprimer, et je suis très surpris par toutes ces personnes qui m’écrivent et me racontent avoir traversé des moments difficiles en me remerciant de les avoir aidées, c’est super parce que ça devient une thérapie pour nous tous en fait. Je suis content de donner de cette manière. Pour faire une chanson pop merdique et rendre les gens heureux en club, c’est facile. Mais créer de l’art qui touche le coeur des gens, les change, les aide, c’est un peu plus difficile, et c’est ce que j’essaye de faire je crois.

Cette façon d’apporter de la tendresse et de l’intimité à des sets électro est vraiment intéressante…
Oui, c’est vrai, c’est inhabituel. Le show de Ry X sera plus plus calme et très épuré mais si tu prends cette énergie et que tu la mets à Berlin, en after à 6 ou 10 heures du matin, il y a d’un coup une connection émotionnelle, ça va très loin, c’est profond. C’est ce qui s’est passé la première fois qu’on a joué « Howling » en club, il s’est passé un truc comme jamais auparavant dans ce club, un sentiment hyper brut. Un jour à Berlin, Dixon m’a attrapé dans ses bras et m’a dit : « Hey mec, on a un peu changé la house pour toujours maintenant ! On a mis du sentiment dans cette connection humaine sur le dancefloor. » D’ailleurs on entends beaucoup plus ça en ce moment, des voix à fleur de peau posées sur des beats électro. C’est sympa d’essayer différentes choses, de pousser des barrières, d’apporter une expérience aux gens qu’ils soient chez eux ou dans un club.

Quand je te vois sur scène, je me dis que tu dois certainement pratiquer le yoga et/ou la méditation ; tu es très posé, calme et particulièrement réceptif aux énergies, est-ce le cas ?
Ma mère enseigne le yoga depuis 40 ans… J’ai grandi en faisant du yoga et de la méditation mais j’ai arrêté de pratiquer un moment, je surfe aussi depuis toujours, j’ai une connexion très profonde avec l’océan. Je pratique le yoga plus intensément depuis cinq-six ans, tous les jours si je trouve le temps…
En terme de méditation, j’essaie de maintenir un état d’esprit permanent. J’essaie de méditer au quotidien pour rester connecté. Je pense que sur scène mon rôle est d’être présent autant que possible pour permettre aux gens de bien vivre l’expérience. Si tu donnes un cours de yoga et que tu n’es pas bien ça ne va peut-être pas être génial pour les gens qui suivent le cours, eh bien c’est pareil sur scène quand tu es face à des gens pendant une heure ou deux. Je ne dis pas que c’est ce que fais toujours mais il me semble important de tenir cette place et cette énergie.

Tu dégages une certaine spiritualité. Crois-tu en une forme de divinité monothéiste ou païenne ?
Je ne crois pas tant en la religion qu’en la spiritualité et l’essence de Dieu. Il ne s’agit pas du Dieu chrétien, du Dieu musulman ou du Dieu bouddhiste, mais d’un Dieu comme force unifiante ; nous portons tous Dieu en nous. C’est très puissant. Chacun de nous a un impact très fort sur le monde, que l’on soit négatif, violent, serviable, sensuel, on a tous beaucoup de pouvoir et on choisit la manière dont on l’utilise. J’ai grandi dans la spiritualité mais pas dans la religion. D’un certain point de vue, quand tu as un bon état d’esprit, tout paraît spirituel.
Tout à l’heure, on est montés jusqu’au Sacré Coeur, on s’est posés dans un petit parc sur la colline pour regarder Paris d’en haut ; tout est beau dans l’instant si tu le choisis. Le mouvement des arbres, les échanges entre les personnes, un couple qui s’embrasse, des enfants qui jouent, des gens qui se querellent… Tous ces gens s’aiment, je crois que tout dépend juste de notre manière de voir.

 

 J’essaie de méditer au quotidien pour rester connecté.

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La méditation t’aide donc beaucoup à maintenir cet état d’esprit ?

Oh bien sûr. La méditation peut aider tout le monde. Peu importe que tu sois un banquier, un artiste, un catholique, un bouddhiste, un musulman, la méditation n’a rien à voir avec la religion. Méditer permet de se rapprocher un peu plus de soi-même, et donc des autres. J’ai beaucoup médité sur la mort, le lâcher-prise ; penser que l’on va mourir modifie la manière dont on se ressent dans le monde, c’est bien plus beau, compatissant, aimant. Si tu regardes quelqu’un en te disant qu’un jour cette personne va mourir, tu penses tout de suite à l’aider, lui être utile, parce qu’on est tous là pour la même chose, on est là pour être aimés. L’essentiel c’est de manifester de l’amour aux gens, même de la plus infime des manières.

Que signifient pour toi l’espoir et le rêve ?
Il y a une confusion entre l’idée de rêver et la volonté de toujours plus. Si je me dis que j’aimerais avoir une plus grosse voiture, pour moi ce n’est pas rêver. Rêver, c’est davantage avoir une vision, rêver de quelque chose c’est se dire : « Je suis d’accord pour ne pas l’avoir même si je considère la beauté dans le fait de l’avoir ». Alors mon rêve est peut-être un peu plus grand dans un sens, je me sens davantage concerné par la manière dont on peut évoluer en tant qu’être humain avec la spiritualité et l’amour.
En ce qui concerne l’espoir, je veux dire prier, espérer, c’est juste souhaiter que cela arrive. J’essaye de ne pas trop utiliser le mot « espérer ». Par exemple, je ne dis pas : « Je te souhaite une belle journée » mais : « Passe une belle journée » ; je ne l’espère pas, je veux que la journée soit ainsi. Comme je n’espère pas que le show de ce soir sera merveilleux, je veux qu’il soit merveilleux et je ferai tout en sorte pour qu’il le soit.
Il y a quelques années, un prof de méditation m’a dit quelque chose qui a modifié mon état d’esprit. Je procrastinais souvent, j’attendais que les choses se fassent. Alors il m’a dit : « Si quelque chose de difficile et de beau devait arriver dans ta vie et si tu peux y contribuer, fais-le, n’attends pas, tends ta main et ne stresse pas, parce que tu le fais. Et s’il n’y a rien à faire pour le changer, ne te soucie pas parce que tu ne peux rien y faire ». Je crois que ma manière de penser est donc quelque peu différente aujourd’hui.

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Il paraît que tu t’intéresses à la question philosophique de l’impermanence.
De quoi s’agit-il précisément ? D’un concept bouddhiste ?
Je crois que cela vient en partie du bouddhisme mais pas seulement. En fait, vois-tu dans cette pièce tout va finir par disparaître, notamment les choses que l’on aime, comme cet ordinateur du tour manager qui a beaucoup de valeur parce qu’il contient des informations importantes. Si je le fais tomber et que je le casse je peux me dire : « Merde ! J’avais des choses importantes dessus », mais, en général, mon état d’esprit c’est plutôt de me dire que ce n’est pas vraiment grave puisque de toute manière cet objet va finir par disparaître… il n’est pas permanent. Si l’attachement que j’ai aux choses me rend craintif alors il va me causer du désespoir. Certaines personnes trouvent cela un peu fou chez moi lorsque je perds quelque chose : « Oh mec mais c’est tellement important ! »  Bon, je ne ferme pas systématiquement ma maison à clé, je ne sécurise pas vraiment mes objets, j’ai une vieille décapotable avec des planches de surf et des guitares dedans et je ne suis pas trop effrayé à l’idée de me les faire voler. Non pas que je n’ai pas conscience de leur valeur mais j’essaie d’éviter la peur. Comprendre l’idée de l’impermanence nous donne un bon moyen d’évaluer la réalité de chaque chose.
Comprendre que toi et moi sommes impermanents ça signifie que je ne suis pas la chose la plus importante au monde, ça donne de la perspective. Cette entrevue est fondamentale parce que nous partageons des sujets forts mais imagines que tu sois en retard, tu stresses, tu rates ton train, tu ne peux pas être là à temps pour ce rendez-vous et qu’après je doive partir faire la balance pour le concert de ce soir… au final on a le choix entre s’énerver, être frustré, se sentir mal, ou se dire que ce n’est pas grave parce qu’on remet ça la prochaine fois que je reviens à Paris.
Je trouve qu’il y a quelque chose de merveilleux dans le fait de considérer l’impermanence des choses. Ce n’est pas facile mais j’essaie de garder ça à l’esprit.

 

Je trouve qu’il y a quelque chose de merveilleux dans le fait de considérer l’impermanence des choses.

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RY, SI TU ETAIS…

 

Une vague

Wow. Eh bien, une vague naît d’un orage. Toute cette énergie, cette folie, ce chaos, cette anarchie, fatalement ça devient un mouvement tumultueux dans l’océan. Toutes les molécules d’eau se superposent, se transmettent l’énergie et forment une houle. La plupart des gens pensent qu’une vague pousse alors qu’elle n’est qu’une circulation d’énergie entre molécules. Ce qui circule c’est l’énergie, les molécules, elles, restent sur place. Et, potentiellement, à deux mille kilomètres au loin, quelque part, une vague atteint les bords de côte, se profile puis se casse et change de forme. En surf, on ride ce petit moment. Dans nos yeux de surfeur, c’est le plus bel instant, ce tout petit et ultime moment dans la vie d’une vague venue de loin, qui naît sans être vue puis se rend visible pendant 10 secondes avant de disparaître. En ça il y a quelque chose de merveilleux. Je crois que j’aimerais être toutes les vagues pour faire un beau voyage et être capable d’avoir cette magnifique expression à l’issue de la journée dans tous les aspects de ma vie avant de repartir dans l’océan avec tout le reste. C’est très poétique. C’est tout un livre.
Mais oooh je comprends maintenant ! J’aurais dû être plus précis. Si j’étais une vague, je serais une vague qui se trouve là où je suis né en Australie, il y avait des vagues incroyables à cet endroit de la côte, vers Angourie.

 

Un livre  

Eh bien je serais peut-être « Babel », un livre de poésie de Patti Smith, parce qu’il y a tellement de sujets comme la sensualité, la sexualité… beaucoup d’émotions aussi, de force, d’expériences…

 

Un peintre  

Peut-être quelqu’un comme Pollock, Basquiat ou un expressionniste. Je ne pense pas que je serais capable d’être un portraitiste de la Renaissance, je serais plus dans l’expression brute.

 

Une philosophie  

Alan Watts. C’est un philosophe américain contemporain des années 60. Il est très bizarre, je pense qu’il est très méditatif, non pas qu’il ait pris beaucoup de drogues mais il a enseigné à propos de la méditation transcendantale et plusieurs écoles de pensée qui utilisaient le LSD, brisant les barrières. Tu dois le lire, c’est très cool.

 

Une forme géométrique 

Probablement un cercle. Juste parce qu’il tourne sur lui-même en continu, c’est possible et amusant de bien des manières. C’est la forme de la terre, la forme du soleil et de la lune, c’est la forme parfaite !

 

Une réincarnation 

Si je devais me réincarner, ce serait beau d’être réincarné en dauphin. Je veux dire, les dauphins font l’amour, ils mangent, ils surfent, c’est en gros ce que j’aimerais faire tu vois ! Ma vision de la réincarnation diffère un peu de la vision traditionnelle. Je pense plutôt que notre esprit se réincarne en différentes choses. Personnellement, je me sens connecté à différentes parties du monde, je pense qu’on vient de différents endroits.

 

Un élément

Une partie de moi est très proche de la terre, mais ce que j’aime avec l’océan c’est que tout l’affecte, les vagues proviennent du vent, de l’air, l’océan lui-même ne pourrait pas exister sans la terre… Je suis aussi très attiré par le feu, malgré tout si j’étais un élément je dois dire que serais l’eau…

Merci Ry pour ce bel échange.
De rien tu es vraiment la bienvenue.


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Le soir même, je me rendais à son concert au Divan du Monde où j’ai pu capturer quelques photos.
Peu avant ce concert, je le croisais attablé avec des amis à une terrasse de café en face de la salle.
Toujours aussi lumineux, bien dans l’instant.
Je l’avais déjà vu deux fois sur scène, en solo pour son EP au Café de la Danse et avec Frank Wiedemann pour Howling au Palais de Tokyo. A chaque fois la grande classe et un sentiment d’insatiabilité.
Alors ce soir-là à Paris, je m’y attendais, il a transcendé l’espace en interprétant avec une grande délicatesse son album Dawn, dont les magnifiques « Shortline », « Howling », « Berlin », « Deliverance », « Sweat », « Only »…
Ry accorde beaucoup d’importance à l’atmosphère.
Des bougies sont posées un peu partout.
L’audience est particulièrement réceptive, silencieuse, à l’affût des arpèges égrenés sur sa Silvertone et de sa voix veloutée, prête à s’imprégner du flot d’émotions douces émanant de la scène.
Bien sûr, Ry s’est adressé à son public avec affection et empathie.
Bien sûr, une heure c’est trop court.
Mais un si bel instant, ça se vit intensément.
La nuit qui s’en est suivie fut belle et tranquille.
Je crois que je vais intensifier mon yoga et pourquoi pas me mettre à la méditation.


 

Trois sessions musicales pour trois manières d’apprécier Ry X.

 

RY X
Album « Dawn » (Pias)

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The Acid (avec Adam Freeland et Steve Nalepa)
Album « Liminal » (Pias)

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Howling, avec Frank Wiedemann (DJ de Ame)
Album « Sacred Ground » (Counter Records)

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Une réflexion sur “RY X, dans la beauté de l’instant

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