Au delà des étoiles, le paysage mystique de Monet à Kandinsky

« Au-delà des étoiles » s’interroge sur le divin dans la nature et sur les mystères du cosmos. Cette exposition merveilleuse se visite au Musée d’Orsay jusqu’au 25 juin. De Monet et Gauguin à Van Gogh et Kandinsky, les peintres donnent à la nature une dimension mystique et nous invitent à la contemplation existentielle. Une nuit étoilée, un lever de soleil sur les montagnes, une mer tourmentée, deviennent le vecteur du lien cosmique qui nous relie à l’Unité.
Mélanie Holé

 

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Georgia O’Keeffe, Série I, Les Plaines, 1919

« Si nous avons intitulé l’exposition « Au delà des étoiles : le paysage mystique » c’est parce que beaucoup d’artistes ne limitent pas leur intérêt à la terre, aux montagnes, au ciel et aux nuages, mais s’interrogent sur le grand inconnu, l’au-delà des étoiles. Le questionnement ultime. Tandis que certains sont influencés par la théosophie, d’autres se retrouvent dans les mouvements occultistes. »
Isabelle Morin Loutrel, Commissaire de l’exposition

 

L’exposition a été organisée en collaboration avec l’Art Gallery of Ontario (Toronto), ce qui explique la présence de peintres canadiens et scandinaves. L’occasion d’une très belle découverte.

L’ensemble du parcours propose une relecture de la peinture de paysage de la première moitié du XXe siècle.
Le contexte est alors favorable au mysticisme plutôt qu’au dogmatisme religieux ; les esprits ont évolué, le peintre n’a plus le même regard ; la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle a posé les bases de la religion naturelle et inspiré des courants de pensée qui remettent l’homme à sa juste place (panthéisme, déisme, agnosticisme). Faute de savoir d’où on vient et où l’on va, il nous est donné d’apprécier l’instant présent et de contempler la beauté du monde. C’est en saisissant le lien qui nous intègre à l’unité que nous pouvons nous réconcilier avec notre être véritable. Car après tout, comme l’a si bien dit l’astrophysicien Hubert Reeves, nous sommes des poussières d’étoile.

Ainsi, une nuit étoilée peut-être poésie et lieu de recueillement. Les peintres symbolistes ont  d’ailleurs fait de la nuit le plus beau tableau des métaphores existentielles sur la mort, le mystère, la solitude et la mélancolie.

Une montagne est une élévation vers le ciel, vers le Divin. On a envie de la gravir jusqu’à son sommet, d’apprécier le silence, le ciel infini, de méditer, de se fondre avec l’unité.

En communiant par la contemplation avec l’eau, le ciel, l’arbre, le rocher, on se connecte  aux éléments et on se saisit du vertige de l’immensité du cosmos.
C’est un sursaut existentiel plein de grâce.

Vue, ouïe, odorat, toucher ; tous nos capteurs sensoriels saisissent les vibrations environnantes et nous alertent d’une évidence, nous sommes connectés à l’esprit universel et notre destin commun se trouve au delà du visible. En levant la tête au ciel, il est irrésistible de se dire que la magie vient quelque part de là-haut.

Le mystique est celui qui vit l’expérience du divin (par extase ou trance) mais ce n’est pas spécialement un théologien (connaisseur du divin).

 

Peindre la nature c’est apprendre à la contempler

Notre promenade contemplative débute avec ces quelques peintures de Monet dotées d’une puissance émotionnelle manifeste. Les meules se dressent sous la lumière d’un soleil couchant, les peupliers sous celle d’une fin de journée printanière, avec ce sentiment évident d’évoluer chaque jour au milieu d’une nature vibrante, aussi sujette que nous au rythme de la Terre et du Soleil.

 

 

Claude Monet n’est pas religieux mais agnostique voire athée. Il ne ressent pas le besoin d’une quête spirituelle, et pourtant, nombre de ses peintures sont considérées comme une source de contemplation suscitant le vertige de la transcendance. Son travail sériel des effets de lumière en fonction des heures de la journée et des saisons témoigne d’une profonde passion pour la lumière, et, sans vraiment le vouloir, le peintre questionne le rapport de l’homme à la nature et au Divin. Clémenceau voyait dans les Peupliers « un poème panthéiste ».

Les Nymphéas renforce cette impression de beauté silencieuse, mystérieuse, qui règne dans la nature. La contemplation permet d’expérimenter l’oubli de soi. Le mystique qui n’a pas la foi recherche simplement une profonde tranquillité.

 

 

A propos de Henri Le Sidaner, Emule Verhaeren écrivait : « Cet artiste parvient à faire sentir le silence ».  L’écrivain Marcel Proust le cite aussi dans A la recherche du temps perdu. Cet artiste aimait figer de son pinceau des lieux désertés, de préférence sous la lumière du crépuscule.

 

 

Chez Van Gogh, Klimt et Henri Edmond Cross, l’objet s’éloigne au profit de la couleur pour provoquer le sentiment de transcendance. L’arbre de Klimt s’efface par petites touches, l’effet est complètement onirique ! A cette date, Van Gogh commence à intensifier les contours et les couleurs. Il réalise Les Oliviers à Saint-Remy de Provence, lors de son séjour à l’asile. Le tableau s’inscrit dans la démarche des Nuit étoilée. L’artiste cherche à réaliser « une peinture plus consolante ». Van Gogh ne cache pas qu’il a besoin de religion, et il se tourne vers la religion naturelle parce qu’il donne la primauté au sentiment.

 

 

Le maître de l’abstraction, Wassily Kandinsky, confiera avoir été marqué par la force émotionnelle des oeuvres de Claude Monet. Dans son ouvrage Du Spirituel dans l’Art, le professeur du Bauhaus explique que la création peut amener une contemplation existentielle. Pour lui, elle se situe dans l’abstraction, selon une harmonie parfaite des couleurs. Kandinsky résume ainsi son idée :

« En règle générale, la couleur n’est pas un moyen d’exercer une influence directe sur l’âme. La couleur est la touche. L’œil est le marteau. L’âme est le piano aux cordes nombreuses. L’artiste est la main qui, par l’usage convenable de telle ou telle touche, met l’âme humaine en vibration. Il est donc clair que l’harmonie des couleurs doit reposer uniquement sur le principe de l’entrée en contact efficace avec l’âme humaine. Cette base sera définie comme le principe de la nécessité intérieure. »

Les deux tableaux  de Kandinsky exposés, Accord réciproque et Etude pour improvisation 26, ne suffisent pas selon moi à signifier son discours. L’aquarelle Etude pour improvisation 26 a toutefois l’intérêt de montrer le glissement de son style du figuratif vers l’abstrait. L’abstraction, c’est le paysage intérieur, doté de résonances propres.

 

 

L’idéal à mon goût aurait été le mariage de Cercles dans un cercle et Quelques cercles. Le cercle étant par excellence le symbole de la spiritualité.

 

« Si je me sers par exemple ces dernières années et avec une préférence si marquée du cercle, la raison (ou la cause) n’est pas la forme « géométrique » du cercle, ou ses propriétés géométriques, mais mon intense perception de la force intérieure du cercle dans ses innombrables variations ; j’aime aujourd’hui le cercle comme j’aimais par exemple autrefois le cavalier – peut-être davantage, dans la mesure où je trouve dans le cercle davantage de possibilités intérieures, raison pour laquelle il a pris la place du cheval. Comme je l’ai dit, tout cela n’a pas la moindre importance pendant mon travail, je ne choisis pas la forme consciemment, elle se choisit elle-même. » (1)

(1) Kandinsky à Will Grohmann, son ami et biographe en 1930.

 

LA FORET ENCHANTÉE

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Madeleine au Bois d’Amour, Emile Bernard, 1888.

 

Madeleine est la soeur du peintre Emile Bernard. Elle figure ici comme modèle lors d’un séjour en Bretagne, à Pont-Aven. Posture délassée, regard perdu dans le vague, climat de rêverie silencieuse et contemplative.
A l’époque, Emile Bernard côtoie Paul Gauguin, chef de file de l’école de Pont-Aven et inspirateur des nabis. Ensemble ils s’éloignent du naturalisme pour chercher à exprimer une émotion d’ordre mystique ; du réalisme ils glissent vers le symbolisme.

Paul Gauguin voit dans l’acte de créer le meilleur moyen de s’élever vers le divin, et c’est au fin fond de la Bretagne qu’il trouve la tranquillité nécessaire pour concilier son travail artistique et sa retraite spirituelle. Dans une lettre de 1888 écrite à Émile Schuffenecker il dit ceci :

« Un conseil, ne copiez pas trop d’après nature, l’art est une abstraction, tirez-la de la nature en rêvant devant, et pensez plus à la création qu’au résultat. C’est le seul moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre divin Maître, créer. »

Ci-dessous, Gauguin se retrouve face à lui-même dans l’incarnation d’un Christ solitaire. Sur le plan personnel, le peintre souffrait de ne pas être compris et était sujet à la dépression.

 

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Le Christ au Jardin des Oliviers, Paul Gauguin, 1889. « C’est mon portrait mais cela veut représenter aussi l’écrasement d’un idéal, une douleur aussi divine qu’humaine… »

 

Qu’est ce qu’un peintre « Nabi » ?  C’est quelqu’un qui traîne du côté de Pont-Aven, qui souhaite se démarquer des post-impressionnistes, et qui fréquente Paul Sérusier et Paul Gauguin. « Nabi », signifiant « illuminé », « inspiré de Dieu », résulte d’une controverse autour d’une peinture de Paul Sérusier (Le Talisman, l’Aven au bois d’amour) réalisée sous la direction de Gauguin. Le maître l’encourageait à se détacher des contraintes du réalisme et à privilégier ses visions pour une approche symbolique.

« Ensemble, nous avons méprisé l’école et les écoles, les rapins, leurs traditions, leurs farces et leurs bals inutilement nudistes. Ensemble nous nous sommes sérieusement amusés ».
Henri-Gabriel Ibels, peintre nabi

Parmi les Nabis, il y a des chrétiens mais pas que. Nombre d’entre eux sont sensibles aux enseignements de la philosophie et de ses petites soeurs, l’ésotérisme et la théosophie.  Tous veulent réinjecter du sacré dans la peinture.
Le symbolisme sacré du paysage saute aux yeux : les processions ont lieu sous des arbres rouges, verts ou jaunes. Les couleurs à plat sont irréelles et rendent compte des visions de l’âme. Jon Verkade qui rejoint Sérusier à Pont-Aven pour expérimenter ses recherches sur la couleur, retranscrit bien l’atmosphère primitive qu’il a dû certainement ressentir dans la campagne bretonne. L’arbre devient le symbole de l’unité fondamentale par ses 3 plans d’existence, souterrain, terrestre, céleste.

 

 

Dans la salle d’exposition, Charles Baudelaire accompagne les peintres avec ces vers de 1857, tirés d’une correspondance. Gardons les en mémoire, ils sont très beaux !

« La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »

 

ECLATANTE DIVINITE

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Le Semeur, Van Gogh, 1888

« Je ne te cache pas que je ne déteste pas la campagne – y avant été élevé, des bouffées de souvenirs d’autrefois, des inspirations vers cet infini dont le semeur, la gerbe sont les symboles, m’enchantent encore comme autrefois. »
(Van Gogh dans une lettre à Emile Bernard)

 

Majestueux tableau de Van Gogh que l’on n’a plus envie de quitter.

Odilon Redon est un peintre attiré par l’occultisme ; il a peint cette figure de Bouddha (ci-dessous) pour chercher à évoquer le pèlerinage, ce chemin de patience que l’homme s’impose pour atteindre la félicité intérieure. Ici, le visage est étroitement relié à la lumière solaire et le signe de la main témoigne de l’ataraxie du sage (absence de troubles). L’homme en quête du sacré doit accomplir un long chemin pour trouver satisfaction.

En face, un tableau de Munch issu de la série « Frise de la vie ». Le moment est bienheureux pour ces personnes qui dansent dans un cadre bucolique. On a le sentiment qu’être en contact avec la nature nous reconnecte à l’essentiel et nous rend heureux.

 

 

A proximité, on ne peut manquer l’incroyable toile de Giuseppe Pellizza da Volpedo (ci-dessus, Miroir de la Vie). Le peintre s’inspire d’un vers de Dante pour penser le passage du temps au travers du mouvement d’un troupeau de moutons le long du fleuve Curone. Les couleurs sont éclatantes, délicatement posées par petites touches. Il y a une folle intensité lumineuse dans ce tableau !

 

LA NUIT

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L’aube sur le Riddarfjarden, Eugene Jansson, 1899, huile sur toile

 

Sa ville natale, Stockholm, Eugene Jansson l’a peinte toute sa vie, le plus souvent la nuit, lorsque le silence s’entoure de mystère. Profitant depuis son atelier d’une vue panoramique sur la ville et la mer, le peintre s’adonne à la contemplation créatrice en écoutant de la musique classique (Chopin) pour nous offrir ces magnifiques visions.

Toutes ces vues de nuit sont imprégnées d’une atmosphère auréolée de mystère et de grâce. J’ai adoré le travail de ce peintre, un vrai coup de foudre.

 

 

Eugene Jansson n’est pas le seul à avoir perçu le pouvoir symbolique de la nuit ; obscurité, silence, solitude, rêverie, méditation ; mais aussi mystère, angoisse, mort, accès au divin. Divers plans de lecture peuvent se présentent à nous. Quoiqu’il en soit, l’atmosphère est pénétrée du sentiment de transcendance vécu par l’artiste. Van Gogh a expliqué que la nuit lui permettait de satisfaire son besoin de religion ; les millions d’étoiles de la nuit le reliaient à l’infini du cosmos et à ses mystères. Avez-vous remarqué que la constellation de la Grande Ourse illumine le ciel de Nuit Etoilée sur le Rhône ?

 

« Souvent il me semble que la nuit encore plus richement colorée que le jour, colorée des violets, des bleus et des verts le plus intenses. Lorsque tu y feras attention tu verras que certaines étoiles sont citronnées, d’autres ont des feux roses, verts, bleus, myosotis. »
Van Gogh, Lettre à sa soeur Wilhelmina

 

 

UNE VISION DU NORD

L’exposition de peintres canadiens et scandinaves est une riche idée. Généralement méconnus en Europe, il apparaissent là dans toute leur splendeur.

Les peintres canadiens découvrent les peintres du Nord lors d’une exposition à Buffalo en 1913. En 1920, sous l’influence de la peinture scandinave, ils créent le « groupe des sept » et donnent leur vision des paysages du Nord, sauvages, isolés, aucunement ternes ni tristes. Il y a dans leurs peintures beaucoup de vitalité. Plusieurs membres du groupe baignent dans la théosophie (sagesse divine) et aiment se sentir en symbiose avec les éléments. La nature est pour eux majestueuse, puissante, animée par des forces invisibles, cosmiques.

Parmi ces artistes, j’ai été impressionnée par le travail de Lawren Stewart Harris. C’est le leader des sept. Cet explorateur des formes et des couleurs s’empare de la beauté de son paysage natal pour représenter l’art canadien. Le lac Supérieur, plus vaste de l’Amérique du Nord, devient son lieu de prédilection pour tenter de capter les contours et l’esprit d’une nature démesurément grande. Là aussi, il y a du spirituel dans l’art. Isolation Peak est le tableau le plus représentatif du travail de Harris pendant les années 20/30. Il dépeint le mont des Poilus, qui se situe dans le parc national de Yoho en Colombie-Britannique. En définitive, le peintre-théosophe a largement trouvé sa place et son style dans la culture canadienne (un style qui évoque parfois Edgar Hopper).

 

 

Au cours de l’exposition, parmi les peintres du groupe des sept, on croise des oeuvres de Frederick Varley, Emily Carr et Tom Thomson. Encore une fois, la nature est dépeinte avec beaucoup de vitalité et d’onirisme.

 

 

Le parcours du suédois August Strindberg a retenu mon attention car il est révélateur du spirituel dans l’art. L’homme a connu deux mariages malheureux puis a hésité à se faire moine. Finalement, il s’est dit que l’art et la nature pouvaient peut-être assouvir sa quête de spiritualité et son besoin de consolation. Alors il s’est lancé dans une carrière de peintre, se consolant dans la représentation des forces vives voire excessives de la nature (cf Vagues). S’en remettre à plus grand et plus fort que soi a quelque chose de consolateur.

 

 

Paysages dévastés

Pourquoi présenter des « paysages dévastés » ? Parce que la guerre entraine la mort et que la mort est une préoccupation du mysticisme. L’âme humaine abrite aussi les forces du mal. La réflexion sur la guerre se fait dans un contexte de première guerre mondiale, particulièrement sanglante et traumatisante.

Le groupe des sept est engagé pour le « Canadian War Mémorials Program », un hommage aux victimes. Endossant le titre de peintres de guerre, ils dépeignent une nature en souffrance, des paysages intoxiqués par les gaz chimiques, désertés par les hommes, voués à la désintégration. L’homme, à la fois cause et victime, apparaît parfois, errant comme un fantôme face au désastre engendré par sa capacité d’autodestruction.

 

  « Je suis accablé. je voudrais être mort. Il est horrible de vivre au milieu de cette humanité démente et d’assister, impuissant, à la faillite de la civilisation. Cette guerre européenne est la plus grande catastrophe de l’histoire. »
Romain Rolland à Stefan Zweig, 3 août 1914

 

LE COSMOS

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Nous arrivons bientôt au terme de l’exposition. La dernière salle se distingue des autres. Les murs sont bleus et traversés de cercles, rondes des astres, couleurs vives et irréelles.  Le cosmos est le paysage mystique par excellence, lieu de l’imaginaire universel.
Georgia O’Keeffe et Arthur Dove, avant-gardistes de l’abstraction américaine, sont visiblement obsédés par les ciels cosmiques et imprègnent le paysage d’une forte énergie spirituelle. On apprend au passage que Dove est influencé par le transcendantalisme de l’écrivain essayiste Walt Whitman.

 

 

J’ai été particulièrement captivée par Espace et matière de Maurice Chabas. Au milieu des nuageaux couleurs cosmiques, scintille une énergie divine et bienfaitrice. Maurice Chabas est proche des écrivains Leon Bloy et Edouard Schuré. L’ouvrage le plus célèbre de Schuré est considéré comme la bible de l’ésotérisme ; Les grands initiés soutient l’idée que l’univers est le lieu de l’esprit, habité par les âmes des défunts.

 

 

A quelques pas de là, Munch dépeint une atmosphère apocalyptique de fin du monde ; le soleil explose et semble vouloir se fondre au paysage, l’effet est assez mélancolique.
George Frederick Watts est le seul peintre qui aborde l’acte créateur avec un tableau symboliste à souhait, Le semeur d’univers.
Le peintre tchèque Hablik, pour sa part, dépeint l’univers comme un château de cristal dans l’eau, ordonné, architecturé et flamboyant. Ce n’est pas une vision étonnante pour cet architecte de formation.

 

 

L’harmonie et l’ordre véhiculés par le cosmos s’expriment aussi au travers d’une ronde des astres harmonieuse chez Hablik, idée reprise pas Giacometti dans Nuit étoilée.

 

 

L’éclat du soleil cosmique dans Groupe x, n°3, retable, nous le devons à la suédoise Hilma Af Klint. Initialement, ce tableau fait partie d’un monumental triptyque dont le format de certaines toiles atteint plus de 3 mètres sur 2.

Sacrée femme que Hilma Af Klint, pionnière de l’art abstrait. Elle le fut dans le plus grand secret et a toujours souhaité que son travail soit montré au moins vingt ans après sa mort.  Elle voulait préserver le secret de son projet et espérait être comprise plus tard (elle méprisait le marché de l’art). Pour les autres, elle peignait des portraits et une nature dans un style réaliste. Mais pour elle-même, elle s’adonnait au spiritisme et peignait directement sous la dictée des esprits (dessins, pastels, écritures « automatiques »). Médium, théosophe, acquise aux leçons de l’anthroposophe (sagesse humaine) Rudolf Steiner, elle cherchait à sonder l’invisible, le pur esprit. Ses oeuvres abstraites et ésotériques donnent une image symbolique de l’univers au travers de motifs récurrents comme le cercle, la ligne et le point.

La démarche d’Hilma Af Klint illustre bien ce que Vassily Kandinsky synthétisera plus tard par l’idée de nécessité intérieure. Cette nécessité qui naît chez l’artiste, sa nécessité de créer, est animée par une force cachée qui inonde l’oeuvre et fait vibrer l’âme de celui qui la contemple. La grande idée de Kandinsky était de saisir une loi générale du cosmos par les mathématiques et l’abstraction et de la rendre immanente par le biais de la peinture. La peinture, lorsqu’elle est traversée par un souffle spirituel, donne aux hommes de l’émotion et de l’apaisement.

Courez voir cette exposition, elle est MAGNIFIQUE ❤

EXPOSITION
« Au-delà des étoiles, le paysage mystique de Monet à Kandinsky »
14 mars – 25 juin
Musée d’Orsay, Paris

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Corps causal de l’adepte, Theo Van Doesburg, 1915


3 réflexions sur “Au delà des étoiles, le paysage mystique de Monet à Kandinsky

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